Les nouveaux habits du colportage

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Abriter les livres: costumes et architectures en mouvement

Battements de cœur (avec amplificateur)

Aurane Loury, Camille Amouroux, Éloïse Bissell, Valentin Garcia, Marion Moulin, Micha Morasse, Alice Laurichesse et Jade Rouanet sont intervenu·es à plusieurs reprises au cours de ces trois journées. Iels ont activé ponctuellement différents dispositifs qui mettent le corps et le livre en relation dans le temps et l'espace. Tantôt ce fut des extraits de textes de pièces joué in-situ dans l'espace de la Galerie de l'erg, tantôt des costumes et accessoires portés abritant des éléments de transmission où le corps agit comme vecteur.Aurane Loury et ses ami·es

Nous avons assisté à ces activations avec la sensation que toutes ces pièces on pu définir de près ou de loins certains habits de colportage.

Un costume porté par Aurane qui donne à lire la programmation de la saison 2023-2024 du Théâtre de la vieManteau Livre du théâtre de la vie*(situé au cœur de Saint-Josse à Bruxelles, lieu de création et de représentations qui offre un espace d’expression théâtrale, chorégraphique et musicale, aux artistes émergent·es et immergé·es en leur offrant un soutien bienveillant et l’occasion de tenter, d’expérimenter, prendre des risques.). Aurane nous raconte que ce Manteau Livre (fabriqué avec Alice, Éloïse, Micha et Camille) a été porté lors des soirs de spectacles. Le contenu consultable sur ces 'pages' devenait également support de transmission à l'oral au spectateur·ices.Manteau Livre du théâtre de la vie*Se donnant le rôle de "Le·a Bonimenteur·se du Théâtre de la Vie" avant les représentations, commentait ce qui allait se jouer. Aurane réceptionnait beaucoup de choses. Elle a expérimenté des formes d'échanges parfois en se mettant dans la position d'une personne muette, en incarnant un personnage à plusieurs personnes. La conversation génère une transmission d'information.bonimenteur·se Ce manteau-livre du théâtre de la vie propose au public une autre manière d'entrer en contact avec les évènements à venir.

Pour la prochaine saison, l'écriture d'un personnage de 'crieur·euse' est en cours, qui agira dans les rues de Saint-Josse pour proclamer/informer à l'oral les activité de la saison.crieur·euse

Une grande nappe intitulée "Pain surprise" a également été conçue et mis en page pour l'inauguration de la saison, un livre long de 9m26 déployant le calendrier des spectacles et accueillant les assiettes pour le dîner. Nous avons pu réactiver ce dispositif et en profiter lors de notre veillée qui s'est tenue hier.

Une Conversation autour du livre de la neige est une réédition d'une conversation entre deux artistes. Comment la conversation fait exister les choses formellement? Un ruban en tissu sur lequel sont imprimé des questions et des réponses. Il s'agit d'un ouvrage qui ne peut se lire qu'à deux. Les questions et les réponses sont a une certaine distance entre les deux lecteur·ices, permettant à l'un et l'autre de lire tout en déroulant le ruban.

Le livre de gants perdus est une collection de gants perdus trouvé dans la rue. L'activation invite les personnes a déambuler collectivement en plaçant sa main dans un des gants.

Déambulation et organisation des poches d'un manteau décousu

Le duo Jacques & Jacobs (formé par Pia Jacques et Théodora Jacobs) ont présenté une production issue de leur première collaboration: La portefeuille.jacques et jacobs

La portefeuille est un manteau aux multiples poches permettant de classer les papiers rencontrés par ordre alphabétique. Une fois enfilé, les porteuses l’activent en récoltant et classant dans ses poches les papiers trouvés sur leur chemin.

Il y a des papiers dont la fonction se résume à être simplement de passage, à être donnés, distribués, à passer d’une main à l’autre, et puis à être oubliés. La portefeuille rend hommage à celles et ceux qui les glanent, les ramassent, les rassemblent. Après avoir marché dans les rues de Liège durant trois jours de la fin du mois de mai (2023), la collection du manteau était consultable dans la vitrine du 29 rue de L’université pendant trois mois durant le parcours d’expositions d’Art au Centre.

La portefeuille est inspirée de Ferdinand Vander Haeghen (1830-1913), bibliothécaire à la bibliothèque universitaire de Gand connue sous le nom de la « Boekentoren » (tour des livres). Il a rassemblé, sous le nom des « Vliegende bladen », une collection unique de feuilles volantes glanées dans les rues de Gand au début du XXe siècle. Une légende raconte qu’il avait une veste munie de multiples poches, chacune correspondant à une lettre de l’alphabet, lui permettant de classer ses trouvailles directement lors de ses marches.

↪[SOURCE] Les multiples poches de ce manteau pour deux personnes (aujourd'hui décousu) ont été déployées au mur. Ces poches possèdent chacune une Lettre de l'alphabet.
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Les multiples poches de ce manteau pour deux personnes (aujourd'hui décousu) ont été déployées au mur. Ces poches possèdent chacune une Lettre de l'alphabet.la portefeuille

À l'entrée de la Boekentoren, il y a une plaque sur laquelle est inscrit:

Ne détruisez jamais un document, imprimé ou écrit, quelqu'insignifiant qu'il soit. Après 7 ans il vous intéressera. après une nouvelle période de 7 ans, vous le jugerez tout à fait utile à conserver. 20 ans plus tard, il rendra service, il aura acquis de la valeur. en moins d'un siècle, il deviendra précieux.

Dans la collection, on peut y trouver par exemple un dossier "Pluie" avec une multitude de document regroupé sous cette thématique par Ferdinand Vander Haegen.

Pia et Theodora nous invitent à faire un atelier avec ce dispositif.

Posée en tas sur la table de l'espace se trouvait une collection papiers trouvés dans la rue lors du parcours de Art Au Centre dans les rues de Liège. J&J ont alors demandé aux participant·x·es de choisir un papier et de le glisser dans une des nombreuses poches sans conditions particulières.

Une fois ces papiers classés collectivement dans ces poches, Chaque petit groupe a pris une des poche et a écrit un texte (sous forme libre) en lien avec les objets récoltés. Ce travail d'écriture est devenu une forme ouverte de curation, de résumé d'une sous-collection, ou encore d'une classification non-conventionnelle. Pour Jacques et Jacobs ce fut une nouvelle étape de réflexion dans la manière de "faire bibliothèque", et sur l'évolution de ce projet (manteau maintenant décousu, avec une forme collective dans la curation des données mises en commun).

Le TUKTUK Book Tour et sa collection nomade

En amont de cette journée, nous avons accompagné Gaëlle ClarckGaëlle Clarck et Joëlle SlacmeulderJoëlle Slacmeulder* pour déplacer le TUKTUK depuis Flagey jusqu'à L'erg.

Nous voilà parti·es en ce mardi matin, à trouver le point d'équilibre de la charette, comprendre comment la conduire, transportant avec elle dans ses compartiment quelques ouvrages ou à même le présentoir des cartes imprimées.

Dès la première intersection, nous avons été approché·es par des passant·es curieux·ses qui ont spontanément engagé des discussions, tant sur ce que contenait le TUKTUK que sur la raison de notre itinérance. Les objets de consultations colportés tels que des livres d'artistes ou autres supports imprimés ont été manipulé par Gaëlle, créant instantanément un dialogue avec les personnes. Puis le silence qui s'installe, pour mieux contempler les ouvrages atypiques que Gaëlle manipule et/ou laisse à manipuler.

Sur le chemin, nous nous sommes arrêté·es un temps sur la place Flagey, où nous avons de nouveau déployé le TUKTUK. Une fois arrêté, le TUKTUK ouvre ses portières et déploie ses tiroirs, tablettes et autres présentoirs. Joëlle parle du Syndicat des Immenses en proposant aux personnes de repartir avec une carte imprimée qui donne la définition d'un mot inventé par les immenses. Pendant ce temps, Gaëlle sort des livres qu'elle manipule devant un public qui s'approche doucement. Certain·es nous racontent ce que ce Tuktuk fait remonter comme souvenir. D'autres veulent savoir pourquoi ça existe et à quoi ça sert, d'autres encore redeviennent silencieux lorsque le livre de Camille Renault s'ouvre et font se former des structures fragiles de fils et de papiers translucides qui reflechissent la lumière et bougent avec le vent.

Puis les personnes repartent, et nous continuons la route en direction de l'erg.

Aujourd'hui, Gaëlle et Joëlle ont présenté le TUKTUK dans la galerie. En plus de la présentation du véhicule, nous avons eu la chance de voir une partie de la grande collection qu'il transporte, contenue dans différents tiroirs. Ayant la seule contrainte de pouvoir entrer dans le TUKTUK, Les artistes s'emparent de cet espace pour agencer leur productions.TUKTUK BOOK TOUR

Une large sélection de tiroirs furent exposés sur la table en libre consultation.

Joëlle est membre du Syndicat des Immenses.Joëlle Slacmeulder*

Le mot « immense » est l’acronyme de Individu dans une Merde Matérielle Énorme mais Non Sans Exigences.*

Le Syndicat des immenses est un groupe de pression et d’action, non un groupe de parole. Comme il y a un syndicat des propriétaires et un syndicat des locataires, il y a désormais un syndicat des aspirants locataires / propriétaires.

Le Syndicat des immenses porte des revendications, défend les droits des immenses, intervient régulièrement dans l’espace public et participe à de nombreux événements. Il a initié et coorganise tous les ans L’immense festival et, tous les deux ans, une Université d’été des immenses.

Les cartes imprimées sont une manière de présenter le Syndicat. Sur chaque carte est imprimé un terme qui a été inventé par le Syndicat avec sa définition. L'ensemble de ces termes ont été publiés dans le Thésorus de l'immensité.1

en voici quelques exemples:

Quelques 200 définitions sont consultables en ligne